Président

Le journal sarkostique de Joseph Savès

Bonaparte à l’Élysée

Les limites de la flagornerie semblent dépassées avec la couverture du Point de ce 8 janvier 2009 : «Nicolas Bonaparte» et un parallèle entre le Premier Consul et l’actuel Président, parallèle que prolonge le politologue Alain Duhamel dans un essai bien relayé par les médias : La marche consulaire.

Il est frappant d’observer que les parallèles entre Bonaparte et Sarkozy, tirés par les cheveux, portent sur des traits de caractère, notamment leur commune aptitude au boniment, et aucunement sur leur action. C’est bien là que le bât blesse.

Lorsque le nuage de fumée se sera dissipé et que les journalistes auront repris leurs esprits, que retiendront-ils des deux premières années de Sarkozy ? Des mesures dans l’ensemble très ordinaires… Rien dont la postérité gardera le souvenir ; rien même de comparable aux réformes de début de mandat des précédents présidents, y compris Chirac (suppression du service militaire, discours du Vél d’Hiv). Cette présidence est à l’image du «Grenelle de l’Environnement» : une formidable opération de communication et, au final, aucune loi qui se détache du travail législatif courant.

La comparaison avec les premiers mois du Consulat est sans appel. Dans l’année qui suit le coup d’État de Bonaparte (9 novembre 1799), je dis bien dans les douze mois, le Premier Consul jette les bases du système fiscal actuel (les contributions directes), de l’organisation territoriale (préfets,…) et du système judiciaire. Il fonde la Banque de France. Il conclut par ailleurs la paix avec les Chouans et défait la troisième coalition européenne. Tout cela, bien sûr, est dû à son énergie, celle d’un jeune homme de 30 ans, mais aussi à ce qu’il n’a pas craint de s’entourer des hommes les plus talentueux du pays !

Qu’on se rassure donc, le fantôme de Bonaparte ne hante pas l’Élysée. S’il y avait un fantôme, ce serait plutôt celui de… Charles X.

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